Le rosier
Droits & réutilisation
Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
Protection des œuvres
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
Un grand-père confesse sa teenage story à sa petite fille, le secret d’une histoire d’amour inachevée que la jeune femme va tenter de raviver. Moto-cross, appareil dentaire, cicatrices, altitude, il faut éviter de se fier aux apparences dans ce jeu où les règles passent de main en main entre un vieillard amputé et une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux.
Selon une tradition vieille de plusieurs générations, le jour de leur naissance, les petites filles de ma famille reçoivent une fleur en cadeau. Les Amérindiens appelleraient ça un totem, chez nous, ça s’appelle une marraine.
Je m’appelle Liffe, ce sont des choses qui arrivent quand vos parents sont perchés à la cime de l’arbre le plus haut du monde. Fidèles à la tradition, ils m’ont choisi une marraine dont la période de floraison correspond avec la date de ma naissance. C’est une Trille rouge, elle possède deux vertus essentielles : faciliter l’accouchement et empoisonner chacun de mes anniversaires par son odeur nauséabonde. Sur les photos de famille, mes cousins et cousines apparaissent systématiquement avec des pinces à linge sur le nez. Si les photos pouvaient parler vous entendriez les mots charmants que leurs petites voix nasillardes m’adressaient au terme du long silence qui précédait le cliquetis du Kodak jetable de mon oncle. À cause des pinces à linge, ça donnait quelque chose du genre : « Liffe pue comme une truie rouge. ». Mais tout s’est arrangé le jour de mes dix-huit ans quand je me suis définitivement incorporée cette pute dans mon avant-bras. Depuis, je n’ai plus jamais vu de vraie Trille rouge et quand un garçon fait semblant de s’intéresser à ma cicatrice, il me suffit de lui répondre à peu près ce que je viens de vous raconter en insistant sur le point suivant : je vais mieux.
Mardi 16h25 1985. Sur les quais de la seine, une Mercedes blanche roule à près de cent kilomètres heure. Le chauffeur qui n’est autre que Schmitt le fameux Maurice Schmitt,
Bonjour Yves, je te trouve très mystérieux aujourd’hui ! Bonjour Prêtresse, mystérieux c’est peu dire ! Je suis encore dans ton sillage imaginaire, heureusement que tu me tiens par la main, c’est bouleversant je vois cet arbre et la mousse, ils sont bien (…)
J’occupais un studio à l’hôpital, au huitième étage, gratuit, ma qualification de médecin et chirurgien m’avait été un privilège. Le seul bémol, était, pour les urgences, dans le cas de débordement, on faisait appel à moi. Une fois ou deux, par semaine, (…)