Edition999
La plateforme gratuite de diffusion littéraire

Accueil > Classique > La Princesse de Clèves

Les statistiques du livre


1634 Lectures

3.5 /5 sur 8 votants

3382 visites

Evaluer le livre


Ajouter votre avis pour le livre : La Princesse de Clèves

Thème : Classique

( Version du 20 novembre 2020 )

 La quatrième de couverture

La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince étoit galant, bien fait et amoureux : quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avoit plus de vingt ans, elle n’en étoit pas moins violente et il n’en donnoit pas des témoignages moins éclatans.

 La première page

Comme il réussissoit admirablement dans tous les exercices du corps, il en faisoit une de ses plus grandes occupations : c’étoient tous les jours des parties de chasse et de paume, des ballets, des courses de bague, ou de semblables divertissemens ; les couleurs et les chiffres de Mme de Valentinois paroissoient partout, et elle paroissoit elle-même avec tous les ajustemens que pouvoit avoir Mlle de La Marck, sa petite-fille, qui étoit alors à marier.

La présence de la reine autorisoit la sienne. Cette princesse étoit belle, quoiqu’elle eût passé la première jeunesse ; elle aimoit la grandeur, la magnificence et les plaisirs. Le roi l’avoit épousée lorsqu’il étoit encore duc d’Orléans et qu’il avoit pour aîné le dauphin, qui mourut à Tournon, prince que sa naissance et ses grandes qualités destinoient à remplir dignement la place du roi François Ier, son père.

L’humeur ambitieuse de la reine lui faisoit trouver une grande douceur à régner : il sembloit qu’elle souffrît sans peine l’attachement du roi pour la duchesse de Valentinois, et elle n’en témoignoit aucune jalousie ; mais elle avoit une si profonde dissimulation qu’il étoit difficile de juger de ses sentimens ; et la politique l’obligeoit d’approcher cette duchesse de sa personne, afin d’en approcher aussi le roi. Ce prince aimoit le commerce des femmes, même de celles dont il n’étoit pas amoureux : il demeuroit tous les jours chez la reine à l’heure du cercle, où tout ce qu’il y avoit de plus beau et de mieux fait de l’un et de l’autre sexe ne manquoit pas de se trouver.

Jamais cour n’a eu tant de belles personnes et d’hommes admirablement bien faits ; et il sembloit que la nature eût pris plaisir à placer ce qu’elle donne de plus beau dans les plus grandes princesses et dans les plus grands princes. Mme Élisabeth de France, qui fut depuis reine d’Espagne, commençoit à faire paroître un esprit surprenant et cette incomparable beauté qui lui a été si funeste. Marie Stuart, reine d’Écosse, qui venoit d’épouser M. le dauphin, et qu’on appeloit la reine dauphine, étoit une personne parfaite pour l’esprit et pour le corps : elle avoit été élevée à la cour de France ; elle en avoit pris toute la politesse, et elle étoit née avec tant de dispositions pour toutes les belles choses que, malgré sa grande jeunesse, elle les aimoit et s’y connoissoit mieux que personne. La reine, sa belle-mère, et Madame, sœur du roi, aimoient aussi les vers, la comédie et la musique : le goût que le roi François Ier avoit eu pour la poésie et pour les lettres régnoit encore en France ; et le roi, son fils, aimant les exercices du corps, tous les plaisirs étoient à la cour. Mais ce qui rendoit cette cour belle et majestueuse étoit le nombre infini de princes et de grands seigneurs d’un mérite extraordinaire. Ceux que je vais nommer étoient, en des manières différentes, l’ornement et l’admiration de leur siècle.

  Signaler un problème avec l'ebook gratuit.

Biographie de Madame de La Fayette

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette (ou Lafayette) est née à Paris "dans une famille aisée de petite noblesse, qui gravite dans l’entourage du cardinal de Richelieu. Sa mère, fille d’un médecin du roi, est au service de la duchesse Rose-Madeleine d’Aiguillon. Son père, Marc Pioche, qui espère faire oublier ses origines bourgeoises en se faisant appeler "de La Vergne", écuyer du roi, meurt alors qu’elle n’a que quinze ans. C’est en 1650, à l’âge de 16 ans, qu’elle devient (...)

 Autres(s) parution(s) de l'auteur

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre Message

 Dans le même rayon : Classique

Une page d’amour

La veilleuse, dans un cornet bleuâtre, brûlait sur la cheminée, derrière un livre, dont l’ombre noyait toute une moitié de la chambre. C’était une calme lueur qui coupait le guéridon et la chaise longue, baignait les gros plis des rideaux de velours, azurait la (...)

La Flèche noire

La Guerre des Deux Roses déchire l’Angleterre du 22 mai 1455 au 22 août 1485. Elle oppose les familles York et Lancastre dans une lutte impitoyable pour la succession au trône. Le jeune Richard Shelton, noble, orphelin et dépossédé de son héritage, entre pour (...)

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès

Le 8 décembre de l’an dernier, M. Gerbois, professeur de mathématiques au lycée de Versailles, dénicha, dans le fouillis d’un marchand de bric-à-brac, un petit secrétaire en acajou qui lui plut par la multiplicité de ses tiroirs. « Voilà bien ce qu’il me faut pour (...)

Une vie

Jeanne, ayant fini ses malles, s’approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas. L’averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel, bas et chargé d’eau, semblait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la (...)