Le Père Achille
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Midi sonne aux cloches des fabriques ; les grandes cours silencieuses s’emplissent de bruit et de mouvement. La mère Achille quitte son ouvrage, la fenêtre où elle était assise, et se dispose à mettre son couvert. L’homme va monter pour déjeuner.
Il travaille là tout près dans ces grands ateliers vitrés qu’on aperçoit encombrés de pièces de bois, et où grincent du matin au soir les instruments des scieurs de long… La femme va et vient de la chambre à la cuisine. Tout est soigné, tout reluit dans cet intérieur d’ouvrier. Seulement la nudité des deux petites pièces est plus frappante à ce jour éclatant du cinquième étage.
On voit des cimes d’arbres, les buttes Chaumont tout en haut, et çà et là de longues cheminées de briques noircies au bord, toujours actives. Les meubles sont cirés, frottés. Ils datent du mariage, comme ces deux bouquets de fruits en verre qui ornent la cheminée. On n’a rien acheté depuis, parce que, pendant que la femme tirait courageusement son aiguille, l’homme dépensait ses journées dehors. Tout ce qu’elle a pu faire, ç’a été de soigner, d’entretenir le peu qu’ils avaient.
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Je parie, dit madame Lepic, qu’Honorine a encore oublié de fermer les poules. C’est vrai. On peut s’en assurer par la fenêtre. Là-bas, tout au fond de la grande cour, le petit toit aux poules découpe, dans la nuit, le carré noir de sa porte ouverte.
Quand le caporal Rouletabille débarqua sur le coup de 5 heures du soir à la gare de l’Est, il portait encore sur lui la boue de la tranchée. Et il s’efforçait plus vainement que jamais non point de se débarrasser d’une glaise glorieuse qui ne le (…)
Le président était encore debout, au milieu du léger tumulte que son entrée venait de produire. Il s’assit, en disant à demi-voix, négligemment : « La séance est ouverte. »