La Conspiration
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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— En somme, dit Rosenthal, cette revue pourrait s’appeler La Guerre civile…
— Pourquoi non ? dit Laforgue. Ce n’est pas un mauvais titre, et il dit bien ce que nous voulons dire. Tu es sûr qu’il n’est pas pris ?
— La guerre civile est une idée qui doit être dans le domaine public, dit Rosenthal. Ça ne se dépose pas.
C’était un soir de juillet, à cette heure après chien et loup où la sueur s’évapore sur la peau et où toute la poussière du jour achève de retomber comme les cendres d’un incendie perdu ; un assez vaste ciel s’étendait au-dessus du jardin, qui n’était qu’un petit enclos d’arbres grillés et d’herbe malade, mais qui faisait tout de même éprouver au cœur des collines de pierre de Paris le même genre de plaisir qu’une prairie.
Dans les appartements de la rue Claude-Bernard, que Laforgue et ses amis épiaient parfois pendant des heures comme s’ils avaient abrité des secrets importants, les gens commençaient à se préparer à la nuit ; on voyait vaguement passer devant une lampe une épaule ou un bras nu : des femmes se déshabillaient, mais elles étaient trop loin pour qu’on pût distinguer si elles étaient belles ; elles ne l’étaient pas. C’étaient plutôt des dames entre deux âges qui enlevaient des corsets, des ceintures et des gaines comme des pièces d’armure ; les plus jeunes habitantes de ces maisons, celles dont les chansons jaillissaient parfois du fond d’une cuisine, couchaient sous les combles : on ne les voyait pas.
Des airs de musique, des discours, des leçons, des réclames sortaient de la gueule des hauts parleurs dans un rabâchage confus ; de temps en temps, un autobus grinçait à l’arrêt de la rue des Feuillantines ; il y avait pourtant des moments où une espèce de grand silence marin déferlait paresseusement sur les récifs de la ville.
L’atelier était plein de l’odeur puissante des roses, et quand une légère brise d’été souffla parmi les arbres du jardin, il vint par la porte ouverte, la senteur lourde des lilas et le parfum plus subtil des églantiers.
C’était la dernière réception de lady Windermere, avant le printemps. Bentinck House était, plus que d’habitude, encombré d’une foule de visiteurs. Six membres du cabinet étaient venus directement après l’audience du speaker, avec tous leurs crachats et (…)
Ursus et Homo étaient liés d’une amitié étroite. Ursus était un homme, Homo était un loup, Leurs humeurs s’étaient convenues. C’était l’homme qui avait baptisé le loup. Probablement il s’était aussi choisi lui-même son nom ; ayant trouvé Ursus bon pour (…)