Une chaise au soleil
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Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Elle ne savait pas qui, un jour, l’avait abandonnée dans ce galetas qui sentait la vieille poussière froide.
Parfois un rai de lumière arrivait de nulle part.
Elle ne savait pas plus quand, ni pourquoi, on l’avait un jour tirée de là, sans autre forme de procès.
Et maintenant elle gisait, toute bancale, lourde du poids de la neige.
Longtemps elle n’avait plus rien vu du monde qu’un voile blanc, jusqu’à ce que le soleil le fasse glisser de son épaule, tout doucement.
Elle fut aussitôt repérée par une charbonnière, puis par une nonnette qui chassa la première.
L’empoignade avait éveillé des échos légers dans l’air piquant.
Quand son bois fut sec, elle savoura les secondes, les minutes et les heures.
Elle se reconnut enfin pour qui elle était : des souvenirs lui revinrent de salons et de fêtes, de lampions et de tarentelles. Elle revit les parquets cirés, les boiseries et les plafonds hauts. On l’avançait vers ces dames que leurs souliers tracassaient, et elle recevait sans gémir ces voluptés de dentelles qu’on élargissait autour d’elle.
Les ardeurs de la fête résonnaient longtemps jusqu’à ce qu’arrive la prochaine.
Puis les temps tournèrent.
Irène, que nous découvrirons à différentes périodes et dans les aventures marquantes de sa vie, s’étalant jusqu’en 2073 – de la petite enfance à un âge avancé de la retraite, en passant par la crise d’adolescence, les études et sa vie de couple
Papy, c’est difficile de croire ce que tu dis... cette vie simple, cette pauvreté, ce manque de tout, vos loisirs si minces...alors que maintenant on en souffrirait !
C’est le récit de la plus belle et intense infamie, d’une succulente trahison, d’une douleur extatique, d’un abandon des plus majestueux. C’est le récit du regard de braise qui naguère m’accrocha et grâce auquel un linceul m’emmitoufla …
15 juillet 2022, par Albertine Herrero
Merci beaucoup pour ce joli texte aux mots si bien choisis. Je l’ai trouvé sensible et délicat et j’ai bien aimé être transportée du point de vue de la chaise. Je crois que j’y penserai maintenant chaque fois que je verrai les "encombrants", ces meubles que les gens déposent sur les trottoirs une fois par semaine dans mon quartier, au bon vouloir des passants, des voisins, des chineurs, ou des éboueurs... Merci.
^ 19 juillet 2022, par sylvie de Monte
Bonjour,
Merci pour vos remarques. Elles me vont droit au coeur.
J’aime les vieux objets ...les nettoyer, les cirer, leur faire reprendre forme...surtout ceux qui sont en bois, avec leurs nervures qui rappellent l’arbre d’où ils sont issus ... :-))
Cordialement.
de Monte Sylvie.
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