Au tout début du XVIIe siècle en Anjou, sous le règne du roi Henri IV, le village de Candé et sa région sont les victimes d’attaques répétées de loups affamés. Des enfants sont dévorés ou mystérieusement enlevés lors de ces agressions sauvages. La population est en émoi. Des peurs irraisonnées font leur apparition et des croyances que beaucoup pensaient définitivement enterrées resurgissent dans tout le vallon. On parle de sorcellerie, de maléfices et de diable. Un nobliau local, le chevalier Amaury Langevin appelle à la rescousse l’archer des gardes de la Grande Prévôté d’Angers, un vieil ami nommé Symphorien Damon. Pendant ce temps, une battue est organisée par le puissant seigneur de Bourmont et ses hommes. De nombreux loups tombent sous les balles des chasseurs mais rien n’y fait : les tueries continuent et la contrée tout entière est sur le point de basculer dans l’insurrection et de renouer avec un passé récent durant lequel catholiques et protestants se faisaient une guerre impitoyable...
Chaussant de piètres bottes cuissardées, l’homme de taille modeste avait fait un long chemin à pieds. Vêtu d’un sombre pourpoint usé surmonté au col d’un simple rabat et muni d’un bâton pastoral, il se décida à s’offrir une halte bien méritée dans un bois touffu, à l’abri des regards et à l’ombre des aliziers et des vieux chênes… Barbe de trois jours, le teint un brin cuivré, le cheveu court et frisé, de couleur châtain foncé, le faciès de ce voyageur, d’apparence jeune, affichait un front haut, un menton prononcé, une bouche généreuse cernée par de légères bajoues, un nez mutin ainsi que de petits yeux gris que le froncement de ses sourcils rendait impénétrables.
D’un geste assuré, il déposa son bâton contre l’écorce vermoulue d’un quercus centenaire, s’assit au bord d’un talus couvert de mousse et inspecta du regard ce qui l’entourait. A l’écoute de la nature, du piaillement des oiseaux et du bourdonnement des insectes volants, il s’empara d’une gourde en peau de bête, nouée autour de sa taille, retira le bouchon d’un coup sec et but une longue rasade d’eau. Au-dessus de lui, le ciel était clair mais toujours masqué par une grisaille que nulle brise assez puissante ne parvenait à chasser.
8 janvier 2020, par Jean-Michel
Une nouvelle version est disponible pour cette nouvelle année 2020.
Bonne lecture à tous.